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Reconnaître et traiter l’asthme de l’enfant

Reconnaître et traiter l’asthme de l’enfant

Toutes les enquêtes actuelles en FRANCE, comme dans d’autres pays développés, montrent une augmentation de la maladie asthmatique chez l’enfant. Par ailleurs, d’autres études prouvent que l’asthme est aussi plus sévère que dans les années passées. Il est donc important qu’un diagnostic précis soit fait car les traitements qui seront proposés dépendent de la gravité des crises. Le diagnostic précis sera fait par votre médecin mais l’aide des parents au moment de l’interrogatoire est très important. L’asthme toucherait environ 10 % de la population infantile.

La définition de l’asthme repose sur des signes cliniques

Il est caractérisé par des crises de  » dyspnée  » (difficulté à respirer), déclenchées par de nombreux agents agressifs, accompagnées par des sifflements  » sibilants  » qui sont plus ou moins régressifs entre les crises. L’asthme peut toucher tous les enfants, quel que soit leur âge, même le petit nourrisson, mais avant 12 24 mois, il est souvent très difficile d’affirmer qu’il s’agit bien d’un asthme. En effet, les termes bronchites asthmatiformes, bronchiolites, bronchites sifflantes, traduisent bien que les bronches sont plus ou moins obstruées. Cependant, il peut s’agir d’une infection virale isolée (comme l’épidémie hivernale récente) ou du début des crises qui vont se multiplier et faire alors parler d’asthme.

Comment reconnaître une crise d’asthme ?

L’enfant va avoir dans la journée une rhinite, quelques épisodes de toux et souvent, en fin de soirée ou dans la nuit, il va avoir une difficulté à respirer: il s’assoit dans son lit, il va contracter tous ses muscles thoraciques pour respirer (il tire) surtout lorsqu’il expire. Ce tirage est caractérisé par le fait qu’une dépression se creuse entre ses côtes, au-dessus du sternum et souvent sous les dernières côtes car le diaphragme se contracte très fort. Associé à cette dyspnée, un sifflement est entendu, soit par l’entourage, soit par le médecin lors de l’auscultation pulmonaire. Dans les cas graves, l’enfant peut avoir des sueurs et quelquefois même les lèvres et le dessous des ongles sont bleus (cyanose). Dans tous les cas, le médecin doit être appelé car la crise doit être traitée immédiatement.

Cette crise peut revenir une fois par mois. On parle alors d’asthme léger, le plus souvent et l’asthme est dit moyen (une fois par semaine) ou sévère. D’autre part, une toux nocturne isolée, un sifflement simplement entendu lors de l’auscultation ou lors de l’exercice sportif, peuvent être les seuls symptômes d’un asthme.

Essayer de trouver une cause a l’asthme

C’est le médecin qui, par l’interrogatoire, la connaissance du milieu familial et avec l’aide de certains examens, va y parvenir.
La recherche des causes déclenchantes est très importante: y a t’il un agent agressif pour les bronches?
Une simple infection pulmonaire, surtout chez le nourrisson, est suffisante. En fait, c’est surtout la recherche de substances sensibilisantes que le médecin va rechercher: poussière de maisons (acariens), animaux familiers (chiens, chats et hamsters surtout), literie (plumes ou kapok), jouets en fourrure, tabagisme familial, floraison des graminées, produits de peinture, certains médicaments…

Quelquefois, il est nécessaire de confirmer ce terrain allergique par le dosage sanguin  »
d’immunoglobulines » Ig E ou des Ig E plus spécifiques (R.A.S.T phadiatop) qui sont élevées, ou, plus rarement par des tests cutanés.

D’autres examens sont souvent demandés pour éliminer certaines maladies qui peuvent prendre l’aspect d’un asthme ou pour rechercher des anomalies qui peuvent être associées à l’asthme. La radiographie pulmonaire permet bien sûr d’étayer le diagnostic d’asthme ou, au contraire, de découvrir une autre anomalie (pneumonie, corps étranger dans une bronche). Le test de la sueur (étude chimique de la sueur) est le seul examen qui élimine une maladie grave: la mucoviscidose. (cf. E.M. n 9). Les deux autres examens suivants, radiographie de l’oesophage et de l’estomac et la pHmétrie (étude du pH de l’oesophage pendant 24 heures par l’intermédiaire d’une sonde dans l’oesophage), permettent de faire le diagnostic de reflux gastro oesophagien. Le
reflux du liquide gastrique acide dans l’oesophage, voire les bronches, est un facteur souvent associé à l’asthme, quelquefois même unique responsable de l’asthme.

Tous ces examens sont demandés pour essayer de trouver une cause à l’asthme et ainsi de permettre un traitement bien valeurs de ces deux paramètres sont adapté.

D’autres examens vont confirmer le diagnostic d’asthme et apprécier sa gravité
La radiographie pulmonaire, en montrant un thorax très distendu par l’air, prouve souvent que l’asthme est ancien ou grave.
L’exploration fonctionnelle respiratoire est le seul examen qui confirme le diagnostic d’asthme mais il est souvent irréalisable avant l’âge de 4 ou 5 ans. Cette exploration consiste à faire souffler et respirer l’enfant dans un appareil qui va mesurer certains paramètres simples. Ces paramètres mesurés permettront aussi d’avoir une étude de l’&
eacute;volution de la maladie et de l’efficacité du traitement dans le temps. On demande à l’enfant de faire une inspiration maximale puis d’expirer le plus fort possible et le plus vite possible, ce qui va permettre d’avoir un premier paramètre qui est le Volume Expiratoire Maximal par Seconde (V.E.M.S) et un deuxième qui est le Débit Expiratoire de Pointe (D.E.P). En cas d’asthme où il y a une obstruction des bronches, les valeurs de ces deux paramètres sont abaisses.

Cette étude respiratoire est quelquefois  » sensibilisée  » par l’inhalation de produits pharmaceutiques, ou faite après un exercice physique qui permet de confirmer le diagnostic d’asthme après effort. Tous ces examens, qui ne sont pas douloureux pour l’enfant, permettent donc d’avoir un diagnostic précis et d’adapter au mieux la thérapeutique. Il ne faut pas oublier que la répétition des crises a un retentissement sur le poumon mais aussi un retentissement non négligeable sur la vie quotidienne, sur la vie scolaire et, parconséquent, sur le psychisme de l’enfant et de la famille.

Le traitement de l’asthme

Le traitement de l’asthme fait appel à de nombreux médicaments et à de multiples conseils pour essayer de diminuer les rencontres de l’enfant avec des substances agressives. Que l’asthme soit léger ou sévère, la première chose à faire est de diminuer ou de supprimer le contact avec les substances allergisantes.

A la maison, le tabagisme doit être supprimé et la poussière du fait des acariens doit être diminuée. Pour ce faire, l’aspirateur est mieux qu’un balai, le chauffage humidifié est préférable au chauffage à l’air pulsé ou par le sol. D’autres mesures contribuent à diminuer ce risque allergisant: supprimer le matelas à plumes,
les descentes de lit, les jouets en peluche du lit, aérer très souvent la chambre de l’enfant. Certaines bombes pulvérisantes (Acardust) ont une action préventive contre les acariens de la chambre et de la literie. Si la preuve d’une allergie à un animal familier est faite, il doit être écarté. De toute façon, un animal ne doit jamais dormir sur le lit de l’enfant.
Dehors, l’enfant doit éviter de jouer dans des salles poussiéreuses, de fréquenter les cirques, de se promener dans les champs en période de floraisons des graminées. Quelquefois, en face d’asthme sévère, les séjours dans des stations climatiques (Briançon, Font Romeu…) seront très bénéfiques du fait de la diminution importante de tous ces allergènes. Mais, la séparation du milieu familial, doit être bien étudiée.

L’activité sportive doit être favorisée

Le traitement médicamenteux repose sur 4 substances pharmacologiques (Bêta 2 stimulants, Théophylline, cromoglycate  » Lomudal  » disodique et corticoïde). Ces substances seront prises, soit isolément, soit en association, par la bouche ou en inhalation et en favorisant l’autonomisation de l’enfant quand il est plus grand. L’enfant, avec l’aide de ses parents, doit être la première ligne efficace dans le contrôle des symptômes.
– Les Bêta 2 stimulants sont au nombre de 2 (Ventoline* et Bricanyl*). Le plus employé est la Ventoline car il existe aussi bien en spray qu’en sirop. Les sprays ne sont très efficaces qu’à partir de 5 ou 6 ans, âge où l’enfant peut inspirer efficacement. Actuellement, en dessous de cet âge, votre médecin peut prescrire une chambre d’inhalation qui permet d’être aussi efficace. Ces sprays sont aussi bien utilisés lors de la crise
elle même que pour un traitement quotidien, en ne dépassant pas 4 ou 5 sprays par jour.
– La Théophylline sera prescrite, soit en sirop (Théophylline Bruneau*) à prendre 3 ou 4 fois par jour, soit en comprimés à  » libération prolongée  » en 2 fois (Théostat*, Théolair*, Théophylline*). La deuxième présentation est utilisée pour le traitement quotidien sur plusieurs mois. Le risque majeur de la Théophylline est l’intoxication d’où la prescription fréquente d’une prise de sang afin de vérifier que le taux sanguin est efficace et non toxique.
– Le Cromoglycate (Lomudal*) s’utilise en spray ou le Zaditen* en sirop. C’est un traitement quotidien sur de longs mois car tous les deux agissent en s’opposant à l’action néfaste des allergènes. C’est un traitement préventif et ils sont dénués de toute toxicité.
– Les corticoides (dérivés de la Cortisone) sont utilisés en spray car ils n’ont alors pas les inconvénients des traitements prolongés par la bouche. L’Alcédine*, le Bécotide*, l’Auxisone*, sont des sprays souvent associés aux Bêta 2 stimulants lors des crises ou pour le traitement au long cours. On peut utiliser de la même manière les chambres d’inhalation pour les petits enfants. La  » Cortisone  » par la bouche est réservée pour le traitement des asthmes très graves.

Le traitement désensibilisant peut être aussi conseillé si l’enfant a plus de 4 ou 5 ans et si il n’est allergique qu’à un seul agent. C’est dans ces conditions qu’il sera le plus efficace et le mieux supporté.

Enfin, la kinésithérapie respiratoire est indispensable, aussi bien lors des crises que lors du traitement d’entretien. Le but, lors de la crise elle-même, est de permettre une expiration progressive, calme et prolongée. Lors du traitement d’entretien, la kinésithérapie va aider l’enfant à expirer complètement, à récupérer une mobilité costale et surtout diaphragmatique, muscler la sangle abdominale et à se désencombrer seul avec une toux minimale.

L’asthme est donc une maladie complexe qui semble être en augmentation du fait des conditions d’environnement et qui peut être très grave et invalidante pour l’enfant. Il faut donc le traiter efficacement et éviter l’attitude passive afin de rendre à l’enfant asthmatique une vie et une activité normale.

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