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MALADIE DE PARKINSON



Docteur Pierre Ceddaha

Introduction

Maladie de Parkinson, encéphalopathie bovine spongiforme, maladie d`Alzheimer, attaque cérébrale, démence sénile... voilà quelques exemples de maladies dites dégénératives qui font peur, qui font penser à la folie, qui évoquent les vieux asiles d`aliénés ou les hôpitaux psychiatriques.

Et pourtant, si certaines de ces maladies conduisent inéluctablement à la déchéance physique et mentale et à la mort, d`autres sont de mieux en mieux connues et donc de mieux en mieux traitées... et c`est justement le cas de la maladie de Parkinson.

En effet, on connaît aujourd`hui la cause de cette maladie qui est l`insuffisance de production d`une sorte d`hormone que l`on appelle un neurotransmetteur, facteur qui permet le bon acheminement des messages du cerveau vers les organes du corps humain.

Dans la maladie de Parkinson, le neurotransmetteur défaillant est la dopamine, qui sert, entre autres, à assurer la bonne exécution des ordres du cerveau par le système musculaire.
Ainsi, le traitement va consister à prescrire des médicaments qui vont remplacer cette sécrétion insuffisante de dopamine.

En France, environ 100 000 personnes souffrent de cette maladie, qui apparaît, le plus souvent, vers l`âge de 65 ans, mais peut débuter plus tôt.
On estime à 5 000 le nombre de malades âgés de 20 à 40 ans atteints par cette maladie.

Définition

La maladie de Parkinson a été officiellement définie en France par une Conférence de Consensus de mars 2000 comme une affection dégénérative d`étiologie inconnue, touchant initialement les neurones dopaminergiques du locus niger et atteignant environ 1,5 % de la population âgée de plus de 65 ans .

La maladie de Parkinson est caractérisée par l`apparition unilatérale d`un syndrome parkinsonien amélioré par un traitement spécifique.

Le syndrome parkinsonien se compose de 3 signes :

1) le tremblement apparaît généralement au niveau de l`une des deux mains ; il est régulier, faisant penser à un mouvement d`émiettement du pain et, ce qui lui est caractéristique, il disparaît lorsque la personne fait un mouvement ou lors du sommeil.
Ce signe est parfois imperceptible pour le patient et c`est souvent l`entourage qui le remarquera en premier.
Ce tremblement, dit de repos, disparaissant au mouvement et asymétrique est très évocateur de la maladie et incite à rechercher les autres signes.

2) l`akinésie se traduit par un ralentissement ou une disparition des gestes qui nous sont automatiques, comme balancer les bras en marchant, cligner des paupières ou exprimer des émotions sur notre visage .
Le patient parkinsonien, à un stade avancé de la maladie, donne l`impression de quelqu`un de figé, d`inexpressif. Cette akinésie peut aussi être responsable de troubles de l`équilibre, le patient ayant tendance à être penché vers l`avant.

3) la rigidité ou hypertonie correspond à un tonus musculaire exagéré, comme si les muscles étaient tendus en permanence, rendant difficile l`accomplissement des gestes de la vie courante, comme faire sa toilette, s`habiller, s`alimenter ; le patient parkinsonien marche courbé, à petits pas, sans balancer les bras.

Mais l`apparition d`un syndrome parkinsonien ne signifie pas maladie de Parkinson, ce qui rend indispensable l`avis du médecin traitant du patient.

En effet, une première caractéristique de la maladie de Parkinson est que son début est pratiquement toujours unilatéral, ne touchant que la partie droite ou que la partie gauche du corps. Mais, même dans ce cas, ce syndrome peut être dû à différentes causes que votre médecin s`efforcera d`éliminer, éventuellement en prenant l`avis d`un neurologue.

Comment le médecin fait-il le diagnostic de maladie de Parkinson ?

Actuellement, aucune analyse, aucun examen complémentaire, comme la radiologie, le scanner ou d`autres examens plus complexes ne permet de poser le diagnostic de maladie de Parkinson.

En effet, cette maladie est due à une altération progressive de certaines parties profondes du cerveau et cette altération n`est pas dépistable avec les moyens dont la médecine dispose actuellement.

En revanche, votre médecin traitant pourra affirmer que ce syndrome parkinsonien est une vraie maladie de Parkinson :

- en éliminant les autres causes de syndrome parkinsonien en interrogeant le patient ou son entourage sur ses antécédents (un peu l`histoire médicale de sa vie en somme), les médicaments qu`il prend, ses habitudes de vie, etc. ;

- en utilisant quelques tests portant sur la mémoire, le calcul mental, la concentration ;

- en pratiquant un examen clinique permettant d`éliminer d`autres causes à ce syndrome ;

- en prescrivant, si nécessaire, des examens complémentaires pour confirmer ou, au contraire, réfuter les autres diagnostics qui pourraient expliquer les signes présentés par le patient ;

- en dernier lieu, en prescrivant un traitement test qui pourra apporter la preuve du diagnostic de maladie de Parkinson ; toutefois, ce test thérapeutique ne doit être pratiqué qu`après 3 à 5 ans d`évolution des différents signes pour pouvoir être correctement interprété.


Peut-on prévenir la maladie de Parkinson ?

Malheureusement non.
On ne connaît pas aujourd`hui la cause qui déclenche l`altération des cellules du cerveau responsables de la maladie.

On sait avec certitude qu`il ne s`agit pas d`une maladie infectieuse microbienne ou virale) et il est donc inutile de chercher un vaccin contre cette maladie. Cela signifie également que la maladie de Parkinson n`est pas contagieuse.

En revanche, il existe vraisemblablement un facteur génétique, car la maladie apparaît de façon plus fréquente dans certaines familles. Le décryptage récent du génome humain permettra, peut-être, d`identifier une anomalie génétique à l`origine de la maladie et, si
une anomalie génétique existe réellement, de rechercher des moyens de la corriger.


Quel est le traitement de la maladie de Parkinson ?

Le maître mot du traitement de la maladie de Parkinson est l`accompagnement :

- par le médecin traitant qui décidera du traitement le plus approprié et qui suivra le patient durant toute la durée de sa maladie ;

- par les autres professionnels de santé : infirmière, kinésithérapeute, ergothérapeute qui participeront au maintien d`une bonne qualité de vie ;

- par l`entourage et les proches dont les encouragements seront importants pour aider le patient à vivre avec sa maladie dans un esprit combatif et non dans la résignation.

- par les associations de patients spécialisées dans la maladie de Parkinson dont les conseils, la documentation, les actions entreprises en commun représentent à
la fois un aide et un soutien importants.


Le traitement médicamenteux

La maladie de Parkinson apparaît quand certaines cellules nerveuses du cerveau ne sécrètent plus une substance, appelée la dopamine, qui est nécessaire à la bonne exécution par les muscles des ordres donnés par le cerveau.

Le traitement médicamenteux va donc consister à remplacer le manque de dopamine par des médicaments qui auront le même effet sur l`exécution musculaire des ordres que la dopamine elle-même. C`est ce que l`on appelle un traitement substitutif, qui permet d`atténuer les symptômes de la maladie, mais ne permet pas d`en enrayer l`évolution et nécessite un suivi médical permanent pour adapter au mieux le traitement à l`évolution de la maladie.

Parmi les différents médicaments qui existent, le médecin traitant choisira celui qui correspond le mieux à son patient, en fonction de son âge, de ses capacités physiques, de l`évolution de la maladie, des autres médicaments administrés, etc.

Avec un traitement bien équilibré, adapté en fonction de chaque individu, le patient peut poursuivre une vie active quasi-normale, aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan familial et personnel.

Ce n`est que dans de rares cas, et après une longue évolution, de plusieurs années, que l`on peut noter un certain degré de détérioration intellectuelle du patient. Toutefois, cette détérioration n`est en rien comparable à celle de la maladie d`Alzheimer, dont les mécanismes sont totalement différents.


L`environnement paramédical

La maladie de Parkinson est une maladie qui se répercute essentiellement sur le fonctionnement musculaire, avec
une perte de la souplesse du mouvement, aboutissant progressivement à un certain degré de rigidité musculaire.

Il est donc essentiel de lutter contre cette rigidité par des exercices d`assouplissement répétés et continus des muscles et des articulations, avec l`aide d`un kinésithérapeute qui apprendra au patient les exercices les plus appropriés à son état et pourra en contrôler l`efficacité.

La rigidité musculaire atteint également les muscles respiratoires avec un retentissement sur la voix et la parole ; en collaboration avec le kinésithérapeute, l`orthophoniste peut intervenir dès le début de la maladie pour entretenir les facultés d`élocution.
Les cures thermales, les techniques de relaxation peuvent également apporter une aide et un soutien.

Au cours de l`évolution de la maladie, certains gestes de la vie courante seront plus difficiles à exécuter. Là encore des solutions existent et l`aide d`un ergothérapeute permettra d`adapter au mieux le cadre de la vie quotidienne aux possibilités du patient.


L`entourage et les proches du patient

Comme dans de nombreuses maladies, le moral du patient joue un rôle capital dans la lutte contre la maladie : subir passivement l`évolution de la maladie, c`est accélérer l`aggravation des symptômes .
Affronter la maladie avec un moral de combattant c`est se donner toutes les chances d`en ralentir les atteintes.

Comme dans tout combat, le patient peut avoir des phases de faiblesse ou de découragement et c`est dans ces cas-là que le soutien de la famille, des amis, mais aussi des associations joue un rôle essentiel, permettant de passer un cap plus ou moins difficilement ressenti par le patient.
Toutefois, il faut éviter de couver le patient, afin d`éviter qu`il se laisse aller et se replie sur lui-même et sa maladie. Il faut trouver le juste équilibre entre le soutien psychologique nécessaire et bénéfique et le maternage à outrance, qui sera néfaste à terme.


Comment la maladie évolue-t-elle ?

La maladie de Parkinson n`est pas une maladie mortelle et ne modifie pas l`espérance de vie du patient qui en est atteint, mais c`est une maladie chronique qui évolue lentement.

Au début de la maladie, on constate que l`évolution est très lente, que les signes restent localisés à une seule partie du corps que, si un traitement est prescrit, il marche très bien, c`est la période dite de lune de miel.
L`évolution est essentiellement marquée par l`accentuation de la rigidité musculaire qui va rendre de plus en plus difficile l`exécution des mouvements de la vie courante, tels que se lever, s`habiller, marcher. Chacun de ces mouvements va devenir de moins en moins spontané et va nécessiter des efforts de concentration et de volonté et deviendra donc de plus en plus fatigant à réaliser,
Les troubles peuvent aussi affecter la déglutition (qui demandera un effort volontaire pour chaque bouchée) et la phonation, rendant la voix monotone et peu audible.

C`est lors de ces moments que peuvent survenir un sentiment de découragement et une envie de tout laisser tomber et c`est lors de ces moments que l`attitude de l`entourage proche, mais aussi le kinésithérapeute, l`orthophoniste et les mouvements associatifs influeront grandement sur la façon de passer ces caps difficiles.


Toutefois, la maladie n`évolue pas d`un seul tenant et ne s`aggrave pas de jour en jour. Au contraire, surtout en début d`évolution, ou en cours d`évolution avec l`aide des médicaments, les signes de la maladie peuvent s`estomper, voire même disparaître.
A un stade plus avancé de la maladie, l`évolution n`est pas, non plus, progressive et la vie du patient est émaillée de phases d`amélioration et d`aggravation.

Il est important de noter que la maladie de Parkinson permet, durant souvent de longues années, la poursuite de l`activité professionnelle et de l`activité de loisirs. Là encore, une attitude active et résolue du patient et de son entourage médical et familial est la voie thérapeutique la plus efficace pour ralentir l`évolution de la maladie.


Dans quel cas faut-il hospitaliser le patient ?

Il faut bien différencier deux circonstances d`hospitalisation :
- l`hospitalisation en service de court séjour;
- l`hospitalisation en service de moyen séjour, encore appelé de soins de suite.

Hospitalisation en service de court séjour

Il est utile, voire nécessaire d`hospitaliser un patient pour :
- Confirmer le diagnostic de maladie de Parkinson en effectuant les examens nécessaires pour éliminer une autre maladie qui pourrait donner les mêmes signes que la maladie de Parkinson.
- Initier le traitement le plus approprié aux symptômes présentés par le patient.
- Rééquilibrer ou modifier le traitement au cours de l`évolution de la maladie.
- Estimer les indications d`une éventuelle intervention chirurgicale.
- Souvent, quelques jours d`hospitalisation permettent de faciliter certaines démarches avec l`appui du service social de l`hôpital : prise en charge à 100 %, initiation de la kinésithérapie, prescription d`aides à domicile (aide ménagère, infirmière, hospitalisation à domicile,...).

Hospitalisation en service de moyen séjour

Les buts de cette hospitalisation sont totalement différents, mais parfois complémentaires de l`hospitalisation en service de moyen séjour :
- Procéder à l`apprentissage nécessaire dans les gestes de la vie courante, pour recouvrer une autonomie compatible avec un retour à domicile.
- Envisager avec un ergothérapeute les aménagements nécessaires au retour à domicile.
Procéder à la mise en route de toutes les procédures permettant le maintien à domicile, le plus longtemps possible et dans les meilleures conditions.


ANNEXES


Sir James Parkinson

Parkinson est à la fois, médecin, chirurgien et apothicaire dans la banlieue de Londres.
En 1817, il publie "An Essay of the Shaking Palsy*" qu`il traduit lui-même par Paralysis Agitans**, dans lequel il rapporte six observations reprenant les traits essentiels de la maladie : démarche, faciès, tremblement, début unilatéral, après 50 ans, généralisation très lente, aboutissant à une incapacité sans remède.
Il y exprime le regret d`ignorer les lésions de la maladie et espère que l`examen anatomique permettra de connaître la nature réelle de l`affection et dès lors de soulager et même guérir les malades.
Tiré à peu d`exemplaires, ce travail passera inaperçu.
Ce n`est qu`en 1861 que Charcot et Vulpian reprennent l`étude de la paralysie agitante et lui donnent le nom de maladie de Parkinson.

* : étude de la paralysie tremblante.
** : Paralysie Agitante

Girard P. Histoire de la neurologie. In : Histoire de la médecine, de la pharmacie, de l`art dentaire et de l`art vété
rinaire, Albin Michel, Laffont, Tchou éd, Paris, 1990, pp. 325-86.

Dictionnaire des mots en italiques


- Akinésie : kinésie vient du grec kinêsis qui signifie mouvement et il est précédé du A dit privatif. L`akinésie est donc la privation du mouvement. En fait, dans le syndrome parkinsonien, l`akinésie correspond d`abord à un ralentissement du mouvement, puis, après une certaine évolution, à une difficulté, voire une impossibilité d`effectuer tel ou tel mouvement.

- Antécédents : c`est l`histoire médicale du patient reconstituée par l`interrogatoire sur les maladies antérieures, les interventions chirurgicales éventuelles, les traitements pris de façon permanente, les habitudes de vie (tabac, alcool, sédentarité), les maladies ou causes de décès des parents proches.


Conférence de Consensus : il s`agit d`une réunion de spécialistes d`une maladie ou d`un état pathologique qui décident , après une étude approfondie de tous les éléments disponibles dans le monde médical, des attitudes que doivent avoir les médecins face à cette maladie ou cet état pathologique.
Dans le cas de la maladie de Parkinson, la Conférence de Consensus de mars 2000 a donné la réponse à 5 questions :

- Comment faire le diagnostic de la maladie de Parkinson ?
- Comment évaluer l`évolution de cette maladie ?
- Quelle prise en charge faut-il mettre en œuvre au début de la maladie ?
- Quels sont les traitements à mettre en œuvre lorsque la maladie évolue ?
- Quelles sont la place et les indications de la rééducation et de la réadaptation dans le traitement de la maladie de Parkinson ?
- Quelle est la place des traitements chirurgicaux ?

Le texte complet est disponible sur le site de l`Agence Nationale d`Accréditation et de l`Evaluation en Santé (ANAES) www.anaes.fr

- Dopamine : c`est une substance sécrétée par certaines cellules nerveuses du cerveau ; pour cette raison, la dopamine fait partie des neuromédiateurs ou neurotransmetteurs qui sont des substances permettant de transmettre les ordres du cerveau aux organes devant effectuer ces ordres. Dans le cas de la dopamine, ces organes sont, entre autres, les muscles.

- Dopaminergique : qui agit sous l`action de la dopamine.

- étiologie : cause d`une maladie

- Examens complémentaires : ce sont tous les examens que le médecin prescrit après son examen clinique ; il peut s`agir de prises de sang, d`examens radiologiques, etc.

- Facteur génétique : un facteur génétique est évoqué lorsqu`une caractéristique normale (couleur des yeux, par exemple) ou anormale (cas de certaines maladies, comme l`hémophilie) est transmise par les parents et ascendants.

- Génome : il fait l`actualité de ce début de XXIe siècle. C`est l`ensemble des caractéristiques propres à chaque personne humaine (mais c`est également le cas des animaux et des végétaux). Ces caractéristiques sont définies par les gènes composant les chromosomes de chaque cellule. Ce génome est intégralement transmis à la descendance, à l`exception des gènes portés par le chromosome qui détermine le sexe.

- Hypertonie : c`est l`exagération du tonus musculaire normal. Dans le syndrome parkinsonien, les muscles dits fléchisseurs sont plus toniques que les muscles dits extenseurs, ce qui explique que le parkinsonien se tient penché en avant, marche à petits pas, la tête fléchie vers le bas.

- Locus niger : la traduction exacte est lieu noir ; il s`agit d`une région du cerveau dans laquelle les cellules (neurones) sont très nombreuses, ce qui donne l`impression d`une région plus foncée que les régions avoisinantes.

- Neurone : c`est le nom de toutes les cellules nerveuses localisées dans le cerveau.

- Phonation : c`est l`ensemble des phénomènes, en particulier musculaires, qui permettent la production de la voix et l`articulation du langage.

- Syndrome : c`est un ensemble de signes cliniques ou biologiques dont la co-existence permet d`évoquer une maladie. Chacun connaît le syndrome grippal associant une fièvre élevée avec frissons, courbatures et maux de tête.

- Tonus musculaire : Le tonus musculaire normal est un équilibre entre des muscles de fonction différente
permettant le maintien de positions comme la position assise, la position debout, la marche, le port de tête, etc.

- Traitement médicamenteux :

- la L-Dopa (L-DésOxyPhénylAlanine) qui se prend par voie orale et se transforme en dopamine dans le cerveau.
- D`autres médicaments ne se transforment pas en dopamine, mais agissent de la même façon que la dopamine ; c`est les médicaments dits agonistes dopaminergiques (d`agoniste qui veut dire : qui concourt à l`exécution et de ergique qui signifie dans le même sens que) ; en d`autres termes ces médicaments agissent comme la dopamine, mais sont souvent mieux tolérés.
- Enfin, votre médecin dispose de toute une palette d`autres médicaments permettant d`améliorer la qualité de vie du patient.

- Traitement spécifique : c`est un traitement qui, en règle générale, ne traite qu`une seule maladie. Par exemple, la quinine est le traitement spécifique du paludisme.

- Traitement test : c`est une technique consistant à prescrire un traitement spécifique d`une maladie pour en confirmer le diagnostic. Le diagnostic est confirmé si les symptômes de la maladie s`améliorent ; si les symptômes de la maladie persistent ou s`aggravent, le traitement test est un échec et il faut rechercher un autre diagnostic.

- Unilatéral : en médecine, le corps humain est divisé en deux dans le sens vertical. On parle donc d`hémicorps droit et gauche. Une atteinte est unilatérale lorsqu`elle ne touche qu`un seul hémicorps ou qu`une partie de celui-ci. Dans le cas de la maladie de Parkinson, l`atteinte est unilatérale car elle commence généralement par un tremblement visible sur une seule des deux mains.


Que se passe-t-il dans le cerveau ?


Reprendre des planches anatomiques, avec explication des termes techniques :

La cause exacte de la maladie de Parkinson est inconnue, mais on sait qu`elle est liée à des modifications de la région du cerveau appelée Substantia Nigra ou substance noire (car les cellules qui la composent sont riches en mélanine, et donc de couleur sombre) qui contrôle les mouvements et l`équilibre.

Les cellules de cette région deviennent inopérantes sans que l`on en connaisse la raison et cela aboutit aux symptômes de la maladie de Parkinson : tremblement, rigidité et ralentissement.

Localisations cérébrales des principales fonctions de l`organisme

Lobe frontal : processus intellectuels
Cortex somato-moteur : mouvement
Cortex somato-sensoriel : sensations
Cortex visuel : vision
Aire acoustique : audition
Lobe temporal : audition, langage et perception
Cervelet : coordination des mouvements, équilibre et posture

Cellules nerveuses du cerveau (ou neurones).

Près de la base du cerveau, se situe une petite région appelée la substantia nigra qui renferme des cellules qui produisent la dopamine. La dopamine agit comme un messager entre les terminaisons nerveuses (dendrites).
Corps cellulaire Axone Dendrite

Connexion nerveuse

Dans le cerveau normal, la dopamine permet aux messages nerveux (influx nerveux) de passer d`une cellule nerveuse à l`autre ; la dopamine est un neurotransmetteur.
Dans la maladie de Parkinson, la sécrétion de dopamine est insuffisante et le message nerveux est ralenti, voire arrêté. Le mouvement commandé par ce message est donc ralenti, voire totalement aboli.
Le but du traitement est de restaurer la transmission de l`influx nerveux, grâce à 3 mécanismes principaux :

- 1) Le médicament remplace la dopamine ; c`est le
cas de la L-dopa qui se transforme directement en dopamine dans les cerveau.
- 2) Le médicament se fixe sur les récepteurs de la dopamine dont ils reproduisent l`action ; c`est le cas des agonistes dopaminergiques.
- 3) Le médicament augmente la sécrétion de la dopamine naturelle ou empêche sa destruction.
Dans tous les cas, le but du traitement est évidemment de restaurer au mieux la conduction nerveuse dopaminergique. Cela permet d`amoindrir les symptômes de la maladie de Parkinson.


Les médicaments de la maladie de Parkinson


La maladie de Parkinson étant due à une sécrétion insuffisante de dopamine, le traitement médical va consister à fournir au cerveau des médicaments qui vont se transformer en dopamine ou qui vont avoir la même action que la dopamine et que l`on appelle, pour cette raison, des dopaminergiques.
Ces médicaments permettent de se rapprocher au mieux des conditions physiologiques et d`assurer ainsi la transmission des messages du cerveau.

Normalement, la dopamine sécrétée est dégradée par des produits appelés enzymes et il existe un équilibre permanent entre la sécrétion de dopamine et sa destruction. En cas d`insuffisance de sécrétion de dopamine, cet équilibre est rompu . Ainsi, ont été mis au point d`autres médicaments qui empêchent la destruction de la dopamine en inhibant ces enzymes.

Enfin, il existe divers médicaments qui agissent sur d`autres mécanismes que l`équilibre sécrétion de dopamine-dégradation de dopamine et qui permettent aussi l`amélioration des symptômes de la maladie.

Récemment (le 3 mars 2000), l`ANAES (Agence Nationale d`Accréditation et d`évaluation en Santé), en
collaboration avec la Fédération Française de Neurologie, a édicté des règles de traitement que l`on peut résumer ainsi :

Les deux facteurs qui guident les choix thérapeutiques sont l`âge de début et l`importance de la gêne fonctionnelle.

L`ANAES conseille de ne pas prescrire de médicament tant que le seul symptôme est le tremblement et qu`il n`existe aucun trouble du fonctionnement musculaire.

Lorsque la gêne est minime le choix du produit est fonction du symptôme prédominant et de l`âge ; en fonction de ces deux critères, le médecin traitant choisira le produit le plus approprié.

Lorsque le dysfonctionnement musculaire entraîne une gêne marquée dans l`accomplissement des gestes de la vie quotidienne, le choix du médicament sera fonction de l`âge du patient :

- Chez le sujet jeune, l`ANAES conseille formellement les agonistes dopaminergiques, c`est-à-dire les produits qui agissent comme la dopamine, mais qui ne sont pas de la dopamine ; celle-ci ne devra être prescrite qu`en cas d`insuffisance de bons résultats ou si le patient ne supporte pas le produit prescrit.
- Ce n`est que chez le sujet âgé que la dopamine peut être prescrite en première intention, c`est-à-dire comme premier médicament.

Le texte complet est disponible sur le site de l`Agence Nationale d`Accréditation et de l`Evaluation en Santé (ANAES) www.anaes.fr


Où en est la recherche ?


La recherche s`effectue principalement dans deux domaines :

- la chirurgie consistant à implanter des électrodes dans une région qui freine la production de dopamine afin d`en réduire l`activité ; ces électrodes sont reliées à une pile implantée sous la peau du thorax. C`est une intervention délicate et coûteuse, mise au point par une équipe grenobloise, dont l`efficacité a été démontrée sur l`akinésie et la rigidité de la maladie.
- la recherche de nouveaux médicaments substitutifs de la dopamine, plus actifs et mieux tolérés. Déjà, certains produits sont à la disposition de votre médecin traitant.
- la recherche de médicaments neuroprotecteurs qui permettraient de stopper l`évolution de la maladie , les rares essais effectués à ce jour se sont malheureusement révélés décevants.

A plus long terme, d`autres techniques sont à l`étude et semblent prometteuses :

- la greffe directe dans le cerveau du patient atteint de maladie de Parkinson de cellules fœtales productrices de dopamine ;
- la greffe de cellules génétiquement modifiées pour produire de la dopamine ;
- la thérapie génique, consistant à introduire un gène obligeant les neurones à produire de la dopamine.

LES ASSOCIATIONS


Association France Parkinson reconnue d`utilité publique en 1988, dont le siège est à Paris :
37 bis, rue La Fontaine 75016 PARIS

Tél : 01 45 20 22 20
Fax : 01 40 50 16 44
E- mail : France-Parkinson@wanadoo.fr
Site internet : http://www.reseauparkinson.org/franceparkinson/association.htm


Cette association édite des brochures et mène de multiples actions en faveur des patients et de leur entourage, y compris la création de structures médicales spécialisées dans la prise en charge de la maladie de Parkinson. L`association regroupe 41 comités départementaux


Association Parkliste


Association représentée par un site construit et animé par des malades, apporte un soutien chaleureux aux personnes concernées par la Maladie de Parkinson, messagerie gratuite permettant aux intéressés de communiquer


Association Parkliste :
2, rue de Saint-Cloud, 92150 Suresnes France

Tél. : 01 47 28 90 50
Email : parkliste.parkinson@wanadoo.fr
Site Internet : http://www.reseauparkinson.org/parkliste/


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